Le petit journal (Bangkok) : 30/11/2011

Écrit par Yann Fernandez

Romain Arcizet sera candidat aux élections législatives de 2012 sur la 11e circonscription des Français établis hors de France pour le Parti indépendant et constructif, formation politique qu’il a fondée cette année. Ingénieur civil âgé de 30 ans, il travaille aujourd’hui principalement en Asie. En déplacement la semaine passée à Bangkok, il a bien voulu répondre à nos questions

Romain Arcizet souhaite responsabiliser les Français de l’étranger en mettant en place une démocratie participative (photo courtoisie Romain Arcizet)

Jeune ingénieur expert en régulation à l’international, Romain Arcizet a travaillé ces cinq dernières années sur des chantiers de construction de centrales électriques, notamment en Malaisie, Iran, Russie et Ukraine, après avoir étudié à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Lyon. Néophyte dans le milieu politique, il a fondé le Parti indépendant constructif (PIC) en 2011. Installé au Laos, d’où est originaire sa compagne, il a décidé de se présenter aux élections législatives de 2012 pour la 11e circonscription des Français établis hors de France, la zone Russie-Asie-Océanie.

LePetitJournal.com Bangkok – Pourquoi avez-vous décidé de fonder le Parti indépendant constructif (PIC) et quelles en sont les grandes lignes politiques ?

Romain Arcizet : Le Parti indépendant constructif (PIC) a été créé cette année afin d’avoir une structure politique indépendante au sein de laquelle il est possible de s’exprimer sans être contraint par les luttes d’appareil. Je tiens à ma liberté de penser, et de parole, et je suis choqué de voir à l’Assemblée nationale des députés s’opposer à un projet ou une proposition de loi uniquement car ils suivent les consignes de leur formation politique. Notre parti se veut aussi « constructif » car les études que j’ai suivies m’ont donné une culture scientifique. Pour régler un problème, on m’a toujours appris à prendre les informations, jauger la situation, juger de la faisabilité des choses en fonction de causes et de conséquences, et enfin trouver des solutions. Une des sources de motivation pour la création du PIC a été le comportement des hommes politiques lors des élections présidentielle et législatives de 2007. Nous sommes rentrés dans l’ère de la politique de l’image et du paraître, dont je souhaite me détacher. Même si je vais peut-être faire des erreurs, ne pas avoir d’expérience politique va amener de la fraîcheur, de la spontanéité et de l’honnêteté.
Si je suis élu, je souhaite mettre en place un système de démocratie participative inspiré du modèle suisse. Sur les lois en cours ou proposition de loi qui concerneront les habitants de notre circonscription, les électeurs pourront donner leur avis lors d’un référendum d’initiative populaire si un certain nombre d’entre eux en ont émis le souhait par le biais d’une pétition. Le représentant à l’Assemblée nationale ne pourra pas aller à l’encontre de la décision de ses électeurs : soit il votera de la même façon qu’eux, soit il s’abstiendra s’il n’est pas d’accord. Il existe aujourd’hui des technologies de communication et d’information qui permettraient de mettre en place facilement ce processus, qui bien que pour l’instant anticonstitutionnel, donnera des responsabilités aux électeurs et un poids à leur député.

Quelles sont selon vous les principales attentes des Français de l’étranger en Asie du Sud-Est ? Quels sont les sujets que vous comptez défendre en priorité devant le Parlement ?
Le débat portera entre autres sur la fiscalité. Au sujet de la possibilité de taxer les Français qui vivent à l’étranger, je pense qu’il faut procéder de façon juste. Leur appliquer un impôt qui servira à payer, par exemple la police ou la construction de routes en France, c’est-à-dire des services qu’ils n’utiliseront pas, ne serait pas logique. En revanche, je suis en faveur de responsabiliser les personnes en leur demandant une contribution pour financer les établissements scolaires ou culturels français à l’étranger, selon leurs revenus. Comme les demandes seront différentes selon les pays, il faudra créer des laboratoires permettant de connaître les besoins des gens en fonction du type de population présente sur chaque territoire. Je m’attacherai à améliorer la vie des électeurs au quotidien, et à faciliter les échanges migratoires pour développer notamment les affaires. Concernant les organes de la France à l’étranger, tels l’Assemblée des Français de l’Etranger, les Missions Economiques, les établissements culturels, je trouve leur fonctionnement satisfaisant. Je ne souhaite donc pas faire de grande transformation à ce sujet, mais les faire évoluer en cas de besoin et selon leur situation dans chaque pays.

A l’Assemblée Nationale, je me vois comme un trublion capable de montrer qu’il est possible de régler des problèmes d’une autre façon, c’est à dire en se basant sur ce que j’ai observé sur le terrain dans d’autres pays. Lorsqu’on est hors de France, notre vie change, nos points de vue aussi. J’aimerai également contribuer à l’amélioration de l’image de la France à l’étranger. Je suis fier de ce qu’a fait par exemple EDF lors de la construction du barrage Nam Theun 2 au Laos durant laquelle la société a réalisé un grand projet tout en formant la population locale. C’est cette humanité que je souhaite amener.

Vous êtes candidat à la députation pour la zone Russie-Asie-Océanie. Que pouvez-vous nous dire sur cette circonscription ?
Cette onzième circonscription (ndlr : qui regroupe 49 pays issus des continents européen, asiatique et océanien) est de taille énorme et il y a encore tout à faire. Elle est conforme à l’image que l’on a de l’Asie, à savoir une partie du monde qui bouge. Si on ajoute à çela les ex-républiques soviétiques, ou des pays comme l’Iran, on se rend compte que chaque région de cette circonscription possède des spécificités culturelles qu’il faudra intégrer à notre raisonnement. En faire un seul bloc est impossible.

Si vous êtes élu, de quelle manière mènerez-vous votre mandat ?
J’ai bien conscience que ce sera difficile d’être élu. Si je suis choisi, j’aurai donc encore davantage de cœur à mener mon mandat et à respecter la tâche que l’on m’a confiée. Il faudra que je sois la plupart du temps à Paris car la grande majorité des lois sur lesquelles je devrai voter à l’Assemblée nationale seront des lois qui concerneront le territoire français. Mais je ne resterai pas seulement dans la capitale. J’ai le goût du voyage et je n’aurai aucun problème à aller voir les personnes, à me rendre sur le terrain pour voir ce que je peux faire pour aider.

Comment va se dérouler votre campagne ?
Le PIC va tâcher d’être en phase avec l’un de ses créneaux : l’indépendance. Nous allons essayer d’utiliser les moyens modernes de communication pour faire parler de nous, être beaucoup sur le terrain, voyager un maximum. Les élections législatives n’auront lieu qu’en juin, et il reste encore du temps avant de parler de la campagne électorale. Je pense qu’en ce moment, le plus important est de rappeler aux gens qu’ils ont jusqu’au 31 décembre pour s’inscrire sur les listes électorales.
Propos recueillis par Yann Fernandez (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mercredi 30 novembre 2011

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